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«  Trentlogo Paris 7e ans de politiques d’Information scientifique »
Qua
trième journée nationale du Réseau des URFIST (1982-2012)

Lundi 26 novembre 2012, Paris
Université de Paris-Diderot / Paris 7,
Amphithéâtre Buffon

 

 

Sous le vocable d’Information Scientifique et Technique, on entend aussi bien les données de la recherche que l’infrastructure qui les supporte. Le concept de recherche ne se limite pas à son acception courante associée à la sphère universitaire ou à celle des centres dévolus à cette activité. L’IST entend aussi jouer un rôle significatif dans le contexte socio-économique, en lien étroit avec la prospective, voire la mise en œuvre de plans inscrits dans la politique d’un état. L’investissement que fait aujourd’hui l’administration française dans la mise en réseau de ses « données » (data) en est un exemple notoire.

Un regard rétrospectif sur l’histoire de l’information scientifique et technique depuis une cinquantaine d’années montre que celle-ci a toujours été au triple croisement de la science, de la technologie et du politique.

Du côté de la science et de la recherche, c’est l’augmentation spectaculaire du nombre de chercheurs, de revues, d’articles, de brevets…, qui aboutit, après la guerre, à l’explosion documentaire des années 50-60, posant dans toute son ampleur la question de la maîtrise et de la diffusion de ces énormes gisements documentaires. Les premières impulsions politiques pour le développement de l’IST viennent des Etats-Unis où, dès la fin des années 50 et dans la lignée des préconisations de Vannevar Bush dans « As we may think » (1945), un effort particulièrement intense est engagé au plus haut niveau pour développer la mise en place de réseaux d’information scientifique, permettant le partage et la diffusion de l’IST chez les chercheurs. Cette volonté du pouvoir politique américain de soutenir l’IST est accentuée dans les années 60 : création en 1963 d’un organisme spécialisé, le COSATI (COmmittee for Scientific And Technical Information), soutien à la naissance des premières grandes banques de données, émergence du premier réseau ARPANET pour le partage des données, rôle essentiel de la NSF (National Science Foundation) pour l’automatisation des grandes bibliographies (par exemple la Chemical Abstract Society), etc. Du côté des technologies, les rapides progrès de l’informatique, dus en large partie également à un fort soutien politique américain, aboutissent à l’informatisation progressive de ces bibliographies et de la littérature scientifique primaire. Et dès la fin des années soixante, les chercheurs ont l’opportunité d’abandonner la compilation fastidieuse de bibliographies imprimées massives et relativement peu maniables. L’informatique allait révolutionner ce processus par le biais des bases de données. D’abord relativement confidentielle, leur consultation est plus répandue au début des années quatre-vingt. Ainsi, la science, le politique et la technologie convergent, dès les années 60, pour donner aux Etats-Unis une avance incontestable en matière d’information scientifique.

En France, il faut attendre 1971, avec la création du BNIST (Bureau National de l’Information Scientifique et Technique), pour voir se mettre en place une première politique nationale de l’IST, qui permettra la création des ARIST (Agences Régionales pour l’Information Scientifique et Technique), des premières grandes banques de données françaises, du serveur national QUESTEL… C’est dans le contexte de la montée en force des premiers réseaux de télécommunications (depuis le réseau CYCLADES jusqu’à TRANSPAC), de la télématique, de « l’informatisation de la société », qu’une nouvelle politique nationale de l’IST est engagée au début des années 80, mettant l’accent pour la première fois sur la question de la formation. Ainsi en 1982, sous l’impulsion de Denis Varloot à la tête de la DBMIST (Direction des Bibliothèques, des Musées et de l’Information Scientifique et Technique) sont créées les URFIST (Unités Régionales de Formation à l’IST). A cette époque se développent les serveurs de recherche documentaire informatisée (RDI), impliquant des liaisons fort coûteuses et l’utilisation d’un langage expert de la part des professionnels de l’information-documentation. Les URFIST ont d’abord été créées pour répondre à ce besoin de compétence spéciale mais leur intitulé montre, chez ceux qui les instituèrent, la conscience d’un besoin nouveau qui dépasserait cette circonstance particulière : celui d’une formation aux compétences informationnelles numériques, à la compréhension et à l’utilisation de ce qu’on appelle l’IST. Depuis leur naissance il y a trente ans, les URFIST n’ont cessé d’accompagner les évolutions techniques incessantes qui ont profondément bouleversé le paysage de l’information scientifique.

Aujourd’hui, la transformation des modes d’acquisition cognitifs s’accompagne d’une multiplication des sources, souvent construites par les utilisateurs dans un cadre coopératif, et d’une diversification des modes d’expressions, allant de la communication à une Académie nationale des Sciences à un message bref sur Twitter.

La recherche publique et notamment universitaire constitue un moteur particulièrement dynamique dans ce processus évolutif. La naissance, la maturation, la dissémination d’une information scientifique ou technique, sous-tendent aussi bien les besoins de l’étudiant que ceux d’un consultant en brevets. L’implication directe des chercheurs dans le processus de production, leur souci de porter la connaissance scientifique au plus grand nombre, donnent lieu à l’émergence de mouvements spontanés mais aussi cohérents, comme les Archives Ouvertes, au niveau international. Initiatives relayées par les tutelles qui consolident des réservoirs institutionnels ou (inter)nationaux.

« La maîtrise de l’information scientifique et technique est l’une des clefs du progrès. Une grande politique de la documentation devrait être mise en oeuvre pour doter la France des outils nécessaires. », affirmait avec force Gérard Losfeld, dans un article retentissant du Monde du 17 octobre 1989[1]. Plus de vingt ans après cet article, où en sommes-nous de cette politique nationale de l’IST ?

L’objectif de cette journée est de retracer ce parcours trentenaire, mais aussi de proposer un échange entre ceux dont l’esprit pionnier a permis l’épanouissement des techniques et des compétences actuelles et ceux qui promeuvent aujourd’hui les évolutions à venir, notamment en matière de formation.

Nous avons invité quelques-unes des personnalités qui ont significativement contribué à construire ce processus évolutif de l’IST, tant en France qu’à l’étranger et singulièrement dans deux pays européens remarquables par leur action : la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. Nous sommes convaincus que cet échange, nourri des débats avec les participants, apportera un éclairage novateur sur l’IST aujourd’hui et demain.

L’Association du Réseau des URFIST


[1] Gérard Losfeld, « La maîtrise de l’information », Le Monde, 17 octobre 1989

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