Programme

Dès la fin des années soixante, avec le développement des bases de données numériques, les chercheurs ont eu l’opportunité d’abandonner la compilation fastidieuse de bibliographies imprimées massives et relativement peu maniables . Certes, la méthode d’investigation était rationnelle mais l’informatique devait révolutionner ce processus par le biais des bases de données. D’abord relativement confidentielle, leur consultation devint plus répandue au début des années quatre-vingt. C’est à ce moment que, sous l’impulsion de Denis Varloot à la tête de la Direction des Bibliothèques, des Musées et de l’Information Scientifique et Technique (DBMist), en 1982, fut créé le réseau national des Unités Régionales de Formation à l’IST (Urfist). A la même époque se développaient les serveurs de recherche documentaire informatisée (RDI) impliquant des liaisons fort coûteuses et l’utilisation d’un langage expert de la part des professionnels de l’information-documentation. Les Urfist furent d’abord créées pour répondre à ce besoin de compétence spéciale mais leur intitulé montrait, chez ceux qui les instituèrent, la conscience d’un besoin nouveau qui dépasserait cette circonstance particulière : celui d’une formation aux compétences informationnelles numériques, à la compréhension et à l’utilisation de ce qu’on appela l’IST.

Sous le vocable d’Information Scientifique et Technique, on entend aussi bien les données de la recherche que l’infrastructure qui les supporte. Le concept de recherche ne se limite pas à son acception courante associée à la sphère universitaire ou à celle des centres dévolus à cette activité, à l’instar des EPST. L’IST entend aussi jouer un rôle significatif dans le contexte socio-économique, en lien étroit avec la prospective, voire la mise en œuvre de plans inscrits dans la politique d’un état. L’investissement que consent aujourd’hui l’administration française dans la mise en réseau de ses « données » (data) en est un exemple notoire. Parallèlement, la transformation des modes d’acquisition cognitifs s’accompagne aujourd’hui d’une multiplication des sources souvent construites par les utilisateurs dans un cadre coopératif et d’une diversification des modes d’expressions, allant de la communication à une Académie nationale des Sciences à un billet bref sur Twitter.

La recherche publique et notamment universitaire constitue un moteur particulièrement dynamique dans ce processus évolutif. La naissance, la maturation, la dissémination d’une information scientifique ou technique, sous-tendent aussi bien les besoins de l’étudiant que ceux d’un consultant en brevets. L’implication directe des chercheurs dans le processus de production, leur souci de porter la connaissance scientifique au plus grand nombre, donnent lieu à l’émergence de mouvements spontanés mais aussi cohérents, comme les Archives Ouvertes, au niveau international. Initiatives relayées par les tutelles qui consolident des réservoirs institutionnels ou (inter)nationaux.

Depuis trois décennies, les tutelles chargées de la recherche ont répondu à l’intérêt suscité par ces évolutions. L’objectif de cette journée est de retracer ce parcours trentenaire, mais aussi de proposer un échange entre ceux dont l’esprit pionnier a permis l’épanouissement des techniques et des compétences actuelles et ceux qui promeuvent aujourd’hui les évolutions à venir, notamment en matière de formation. Nous avons invité quelques-unes des personnalités qui ont significativement contribué à construire ce processus évolutif de l’IST, tant en France qu’à l’étranger et singulièrement dans deux pays européens remarquables par leur action : la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. Nous sommes convaincus que cet échange, nourri des débats avec les participants, apportera un éclairage novateur sur l’IST aujourd’hui et demain.

Vous pouvez consulter les éléments suivants :

  • la problématique,
  • le programme de la journée,
  • la liste des intervenants.
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